Le p’tit marché solidaire de Limoilou

Par le Centre communautaire Jean-Guy Drolet

Un petit marché estival, moitié ambulant moitié fixe, fait tranquillement sa place dans le quartier Limoilou, à Québec, un endroit où l’accès à des aliments sains et nutritifs représente un défi important pour une bonne part de la population. Et c’est grâce au Centre communautaire Jean-Guy Drolet qui, avec plusieurs partenaires, a pris les choses en main.

Sécurité… élémentaire

Deux personnes sillonnent le quartier à vélo pendant dix semaines, les samedis et les dimanches, entre 10 h et 16 h. Elles s’arrêtent dans les parcs publics et aux abords des bibliothèques municipales. Une dizaine d’endroits au total, 45 minutes chaque fois. Voilà pour le marché ambulant. S’ajoute à cela le minimarché du dimanche, devant le parc Cartier-Brébeuf, de 13 h à 15 h. Pendant 8 semaines, une poignée de bénévoles s’y affairent et veillent à ce que les étals soient bien garnis.

Le p’tit marché solidaire de Limoilou en sera cet été à sa troisième édition. Chaque année, il prend un peu plus d’ampleur, en respectant le rythme et la capacité des citoyens bénévoles impliqués dans ce projet en sécurité alimentaire. L’objectif est simple : rendre accessibles, financièrement et physiquement, des fruits et des légumes frais, de production locale autant que possible, à des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale.

On souhaite entre autres faire connaître des fruits et des légumes moins connus et réhabiliter, d’une certaine façon, des légumes que les gens boudent, mais qui sont peu coûteux et, surtout, très nutritifs. Des capsules informatives sont diffusées sur Facebook, par exemple. Des feuillets présentant des recettes sont aussi distribués les jours de marché. On a même fait des dégustations, à l’occasion, pour inciter les gens à diversifier leurs assiettes de crudités et à cuisiner la patate douce, le panais, le céleri-rave, le chou-rave et autres légumes racines qui ont aussi l’avantage de bien se conserver.

SolidaireS

« La force de notre minimarché réside dans sa simplicité », explique la chargée de projet, Gracia Adam. « Il est aussi très rassembleur en raison, notamment, de sa pertinence. Il suscite l’adhésion spontanée des partenaires que nous sollicitons », poursuit-elle. Car, évidemment, le p’tit marché solidaire de Limoilou ne saurait exister sans la collaboration de plusieurs partenaires.

D’abord pour l’approvisionnement en produits frais. Le jardin du Patro Roc-Amadour et Les Ateliers à la terre, deux jardins collectifs, lui donnent leurs surplus, selon la disponibilité de leurs récoltes. Cette année, ils lui ont même réservé un petit lot dont la récolte lui est destinée. Deux maraîchers tenant kiosques au marché du Vieux-Port ont aussi adopté le projet et vendent leurs fruits et légumes à prix de gros, ce qui fait qu’ils peuvent ensuite être vendus moins chers que dans les marchés publics. Cela permet de compléter les dons des jardins collectifs. Deux supermarchés mettent également la main à la pâte, une première cet été. Ils fournissent à bon prix des fruits qu’on ne cultive pas au Québec et que les habitués du minimarché demandent. Ils permettent ainsi, par ricochet, d’offrir plus de variété.

Puis il y a les vélos. Il a fallu imaginer la structure servant à présenter les fruits et les légumes, trouver une entreprise pour faire l’habillage de ladite structure, sans parler du remisage, non seulement en période estivale, mais aussi pendant l’hiver. Il faut également aller chercher les légumes aux jardins collectifs et au marché du Vieux-Port, et pouvoir les entreposer quelque part, un jour ou deux. Tout cela est possible grâce à la collaboration de partenaires du milieu, petites entreprises, organismes publics et autres organismes sans but lucratif qui offrent gracieusement ou à peu de frais leurs services, leurs conseils, leurs locaux ou qui soutiennent financièrement le projet.

Mission accomplie

L’une des clés du succès du p’tit marché solidaire tient au fait qu’il mise sur la mobilisation citoyenne, et qu’il sait tirer profit des compétences et des connaissances des citoyens qui s’impliquent. Ainsi, certains d’entre eux ont pris en main le minimarché du dimanche alors que d’autres s’occupent de la promotion et la diffusion de l’information. Ils ont publié un communiqué de presse, réalisé une affiche, créé une page Facebook. D’autres encore, qui ont des compétences en mesure et évaluation, ont monté, l’an dernier, un questionnaire auquel ont répondu 150 personnes. Cela a permis d’avoir un portrait assez précis des gens qui ont fréquenté le p’tit marché, de savoir si la population visée était bel et bien au rendez-vous, et de mesurer le degré de satisfaction général.

Résultats? Les données recueillies indiquent que près du tiers des personnes interrogées avaient vécu, au cours de la dernière année ou pendant l’été, de l’insécurité alimentaire modérée ou grave. On note également qu’une importante proportion de personnes ayant répondu au questionnaire sont des femmes et qu’une forte proportion habitent seules. Par ailleurs, toutes les personnes interrogées ont affirmé être satisfaites des services offerts et souhaité le retour du minimarché. Elles ont même proposé que le marché se tienne sur une plus longue période pour avoir accès à une plus grande variété de fruits et de légumes. Leur souhait est donc exaucé.

L’an dernier, plus de 700 personnes ont profité du p’tit marché solidaire de Limoilou. On constate, au fil du temps, que le bouche à oreille fait son œuvre et qu’il est de plus en plus connu. On peut donc supposer que l’achalandage sera plus grand cette année. Et que les frontières de l’exclusion sociale reculeront… d’un pas (ou deux) de plus.

Pour en savoir davantage, on peut communiquer avec Gracia Adam par téléphone, au 418 262-0057, ou par courriel, à l’adresse frphevgrnyvzragnveryvzbvybh+ubgznvy+pbz, ou encore avec Pascale Desbiens, au 418 529-2825, poste 224.

On peut également consulter la page Facebook du p’tit marché solidaire :
https://www.facebook.com/PetitmarcheLimoilou
 


Un Jardin pour Soi

Par la YWCA Québec

Voilà un jardin collectif où se côtoient 100 variétés de plantes médicinales et aromatiques. Elles sont plantées, entretenues, puis transformées, bénévolement, par des femmes de toutes générations. Elles y viennent pour apprendre, pour partager leurs connaissances, pour tisser des liens, surtout. Parce que c’est… Un Jardin pour Soi.

Les travaux et les jours

Février. Les bénévoles du comité production sont déjà à l’œuvre. Ce sont elles qui assurent la planification et l’entretien des semis et la préparation de la grande vente de plants qui a lieu au printemps devant la YWCA.

Puis arrive l’été. Une grande terrasse garnie de pots et une plate-bande occupent une escouade de personnes aînées, de femmes actives et de jeunes filles. Se joignent à elles des bénévoles qui participent au programme de réinsertion pour femmes itinérantes La grande Marelle. C’est que la mixité sociale est un élément fondamental du projet. Arrosage, désherbage, fertilisation, récolte constituent l’essentiel des travaux. Ici, on respecte la nature et on jardine de manière écoresponsable. On favorise, entre autres, la récupération (pots, eau) et on bannit les engrais chimiques.

La saison morte est consacrée quant à elle à la transformation : tisanes, fines herbes, onguents, huiles à massage, sels de bain, baumes et savons offrent leurs vertus curatives et préventives comme un prolongement de l’été. Les produits, disponibles en tout temps à l’accueil de la YWCA, sont aussi en vente au centre-ville de Québec chez Ôm Prana.

Vers l’autonomie

L’automne et l’hiver permettent aussi aux bénévoles de se perfectionner. On leur offre de participer gratuitement à une douzaine de formations, données par des spécialistes en horticulture et en herboristerie, en échange du travail qu’elles effectuent. Elles acquièrent ainsi des compétences dont le projet et les autres participantes bénéficient.

On en profite aussi pour faire du recrutement, afin d’assurer la continuité des activités, en offrant des ateliers d’initiation au jardinage tous les mardis soir. Deux groupes de 12 personnes ont ainsi été formés lorsqu’arrive la saison estivale. Toutes n’intègrent pas les activités d’Un Jardin pour Soi, mais quelques recrues s’ajoutent chaque année au noyau dur d’une vingtaine de bénévoles dont plusieurs sont là depuis le début du projet, il y a trois ans.

Dès le départ, il est apparu nécessaire d’engager une ressource à temps plein pour aider à la gestion et à l’organisation du jardin. « Depuis que je suis en poste, nous avons, entre autres, développé une banque de données nous permettant d’obtenir des statistiques précises et d’avoir accès à de précieux outils de travail tels que le calendrier des semis et des récoltes et l’inventaire de nos semences », explique Zoé Mouvet-Jourde.

Ce sont les bénévoles qui décident ce qu’elles mettront en terre, ce qu’elles produiront. Elles peuvent désormais faire un choix éclairé en tenant compte non seulement de leurs désirs, mais également des résultats obtenus par le passé, grâce à la banque de données.

Des bénévoles qui rayonnent

Quand elles ne sont pas occupées au jardinage ou à la transformation de leurs récoltes, les bénévoles d’Un Jardin pour Soi participent à des événements et à des activités et tiennent kiosque dans différents quartiers de la ville. Elles vendent leurs produits, bien sûr, mais elles font bien davantage puisqu’elles partagent leur expérience, diffusent de l’information et transmettent leurs connaissances. Si bien que des organismes, parmi lesquels on peut nommer Craque-Bitume, le Carrefour des proches aidants de Québec, le Cercle des fermières de L’Ancienne-Lorette, ont fait appel à elles pour donner des ateliers. Un Jardin pour Soi a même établi un partenariat avec le Centre de la petite enfance (CPE) Feu Vert. Des ateliers spéciaux ont été offerts aux cinq groupes d’enfants du CPE. Ils ont ainsi fait des semis de capucines et de tournesols et ont bénéficié de conseils personnalisés pour la mise en place d’un jardin. Le CPE s’approvisionne par ailleurs en plants, en terre et en engrais auprès de la YWCA.

Un Jardin pour Soi, c’est vraiment plus qu’un jardin. On y vient parce qu’il fait du bien au corps et à l’esprit. Au cœur, aussi.

Pour en savoir davantage:
Un Jardin pour Soi
418-683-2155, poste 44
wneqvacbhefbv+ljpndhrorp.dp+pn
http://www.ywcaquebec.qc.ca/jardin
 


Après-midi au café

Par le Patro de Jonquière

C’est un café pas comme les autres, qui a pignon au Patro de Jonquière. Les personnes qui le fréquentent vivent différentes problématiques. Elles viennent y partager leurs inquiétudes, discuter avec les intervenants, chercher du réconfort et du soutien, rencontrer de nouvelles personnes, prendre un café, bien au chaud. En franchissant la porte, elles ont déjà fait un grand pas. Bienvenue à l’Accueil Café.

Il y a maintenant 22 ans, le Patro de Jonquière mettait en place un service de travail de rue. Or, au fil du temps et de la pratique, les intervenants ont constaté qu’il était très difficile d’amener les 18 ans et plus à aller cogner à la porte des organismes du milieu. « Ce sont des personnes qui ont généralement des problèmes multiples, mais qui les dénient, » explique Audrey Lachance, coordonnatrice du secteur intervention. « Aussi, plusieurs n’ont pas ou ont peu d’habiletés relationnelles. Pour ces raisons, il est très difficile de les orienter vers les ressources appropriées. »

Un risque calculé

Il fallait donc les amener vers un lieu qui servirait de pont entre les travailleurs de rue et les organismes du milieu, un lieu où elles pourraient développer des liens, être en relation avec d’autres, se faire un nouveau réseau, apprendre à vivre en respectant certaines règles de base. Plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsqu’on songe à aménager tel lieu dans un centre communautaire fréquenté notamment par des enfants. Comment assurer la cohabitation harmonieuse et la sécurité de tous? Comment éviter les dérapages? Après maintes interrogations, réflexions, discussions, le Patro s’est lancé dans l’aventure. Cela fait quatre ans qu’elle dure et le ciel ne lui est pas tombé sur la tête.

« Nous avons adopté une stratégie de respect mutuel, les membres du personnel ont appris à créer des liens avec la clientèle du café, une clientèle qui ne cadre pas, évidemment, avec les programmes réguliers du Patro, » mentionne madame Lachance. Un lien de confiance s’est établi, pourtant, si bien que la clientèle du café a développé un fort sentiment d’appartenance non seulement à l’égard de l’Accueil Café mais aussi à l’égard du Patro lui-même.

La configuration des lieux fait en sorte que les contacts avec les membres et les participants aux activités du Patro sont limités. La situation est cependant tout autre durant l’été alors que le camp de jour amène son lot d’enfants et que certains espaces sont partagés. On redouble de vigilance. On modifie les horaires de façon à ce que les uns et les autres ne se croisent pas, on fait signer un contrat aux personnes qui fréquentent l’Accueil Café dans lequel elles s’engagent à ne pas entrer en contact avec les enfants et à ne pas se présenter en état d’intoxication.

Petites et grandes victoires

201 personnes ont fréquenté l’Accueil Café en 2013-2014. 108 y ont mis les pieds pour la première fois. Elles ont été référées par les travailleurs de rue, par le CSSS de la Jonquière, par exemple, mais aussi, et dans une plus large proportion, par les usagers du café eux-mêmes. C’est dire à quel point c’est devenu leur maison, leur famille. C’est dire aussi à quel point l’Accueil Café répond à un réel besoin.

Deux intervenantes y travaillent à temps plein. L’idéal serait trois, car on ne suffit pas à la tâche. Au cours de la dernière année, elles ont effectué 1 696 interventions dans des domaines aussi variés que complexes : violence, santé mentale, santé physique, logement, alcool et drogues, homosexualité, relations familiales, relations amoureuses, sexualité, pour ne donner que quelques exemples.

Il peut s’agir d’interventions ponctuelles qui consistent, à accueillir, à réconforter et à écouter quelqu’un qui vit une crise ou qui a de la peine. À la demande des personnes qui fréquentent l’Accueil Café, les intervenantes peuvent aussi les guider vers un organisme, mais surtout vers une personne en particulier. C’est ce qu’on appelle une référence personnalisée. On conseillera par exemple à quelqu’un qui s’inquiète d’avoir eu des relations sexuelles non protégées, d’aller passer un test de dépistage. On lui donnera le nom et le numéro de téléphone de la personne à contacter. On pourra même l’accompagner si elle ne se sent pas en mesure de faire la démarche seule. Et puis il y a le maintien au suivi qui consiste à encourager une personne à continuer de fréquenter tel ou tel organisme qui pourra lui permettre d’améliorer ses conditions de vie.

À cela s’ajoutent des activités de toutes sortes : sorties plein air, tournois, party d’Halloween ou de Noël, visite de l’épicerie communautaire, etc. Quelle qu’en soit la nature, elles offrent toutes des occasions de faire connaître les organismes qui peuvent offrir soutien, accompagnement, service aux personnes qui fréquentent l’Accueil Café. C’est ainsi qu’on organisera un tournoi de billard avec La Maison d’hébergement Le séjour, qui travaille en toxicomanie, ou encore avec le centre l’Escale, une ressource en santé mentale. « C’est une façon de faire connaître les organismes, les gens qui y travaillent, les personnes qui y ont recours. Cela facilite les liens puisque notre clientèle n’est pas très friande des activités plus formelles du type atelier, » raconte Audrey Lachance.

La mission de l’Accueil Café est claire : offrir aux personnes de 18 ans et plus une alternative à la rue et devenir pour elles une plaque tournante vers les organismes du milieu susceptibles de les aider à reprendre le contrôle de leur vie, à se développer et à s’intégrer à la société. Petites ou grandes victoires, cela importe peu. L’Accueil Café leur permet de marcher vers… la liberté.
 


Plus vivant que jamais

Par le Centre Durocher

On le dit et on le répète, ce n’est pas le bâtiment qui fait le centre communautaire de loisir, c’est le milieu de vie. N’empêche. Déménager, ne serait-ce qu’à quelques rues, constitue tout un défi. Il faut plaire à nos membres et à nos participants, qui espèrent retrouver l’âme de LEUR centre, leurs repères, se faire connaître dans son nouvel environnement, accueillir les nouveaux visages, leur donner envie de revenir. Un défi que relève avec succès le Centre Durocher, quelques mois après avoir été relogé.

Le 18 août dernier, alors que le Centre ouvrait officiellement ses nouveaux locaux, ses vieux habitués attendaient à la porte. C’est dire à quel point leur centre leur manquait et combien ils avaient hâte de retrouver leur famille. « Dans notre ancien bâtiment, c’est la salle de quilles qui tenait lieu de salle communautaire. On n’y venait pas tant pour jouer que pour discuter, prendre un café, regarder la télé. C’était un lieu très animé », explique Éric Cadorette, directeur de l’animation et de la vie communautaire. « Il fallait absolument trouver un moyen de permettre à ce milieu de vie de continuer à exister. »

Une place pour tous

C’est ainsi qu’on a créé la zone famille, une grande salle communautaire aménagée de telle sorte que toutes les générations s’y côtoient et y trouvent leur compte. Cet espace, polyvalent et multifonctionnel, permet ainsi les échanges entre les jeunes, les parents, les grands-parents, les familles selon les heures de la journée et les activités qui y sont proposées.

La salle est accessible du lundi au vendredi de 9 h à 19 h et le samedi de 9 h à 15 h 30. Et c’est gratuit. Les retraités, anciens du Centre, arrivent dès le matin et s’installent pour jouer aux cartes ou au billard. Dix ordinateurs donnant accès à Internet sont installés en permanence et y trouvent leurs habitués. En journée, de jeunes mamans viennent avec leurs bébés. Puis la fin des classes amène les enfants d’âge scolaire. Des tables sont installées pour ceux et celles qui veulent faire leur devoir. Les autres peuvent profiter des jeux de société ou des jeux vidéo disponibles, jouer au ping-pong, au mississipi, ou au babyfoot, ou encore s’installer dans l’aire de lecture avec un bon livre, tout simplement.

Une animatrice communautaire supervise les lieux. Mais la zone famille connaît un tel succès qu’elle est débordée. Le Centre Durocher embauchera donc une ressource en animation pour le mois de janvier. Cela permettra d’offrir de l’encadrement aux enfants et aux familles, d’établir certaines règles de fonctionnement et de faire en sorte que règnent le respect et l’harmonie.

Quand le milieu de vie s’enrichit

Pour plusieurs, la zone famille est devenue une porte d’entrée vers d’autres activités. « Les parents qui accompagnent leurs enfants, le soir, aux cours de taekwondo ou aux cours de danse, apprennent à nous connaître. Ils s’installent souvent dans la zone famille en les attendant. Ils lisent, discutent, découvrent les activités qu’offre le Centre », raconte monsieur Cadorette. Des parents ont pu, par exemple, découvrir l’activité d’échange de livres qui a lieu tous les vendredis soir. Et ont décidé d’y participer en famille. Ou encore, ils se sont inscrits à l’une ou l’autre des activités parents-enfants offertes par le Centre. Des jeunes se sont rendu compte qu’ils pouvaient s’inscrire à différentes activités, à faible coût, et s’amuser encore plus avec leurs amis.

Notons par ailleurs que plusieurs adultes qui connaissent bien l’édifice parce qu’ils viennent depuis longtemps profiter du gymnase se rendent compte que les choses sont différentes, que l’endroit a changé, qu’il est animé, que les gens se parlent. Ils s’attardent après leur activité. Certains décident de s’impliquer et de faire du bénévolat. D’autres choisissent de faire un don en prenant connaissance de la mission du Centre.

Demeurer un phare pour ses membres de longue date et les citoyens de son quartier et un milieu de vie stimulant auquel souhaitent appartenir ceux qui franchissent ses portes pour la première fois, voilà le double pari du Centre Durocher. Et il semble qu’il soit en voie de le gagner. Voilà bien un centre… plus vivant que jamais


Enfants à défi : le Centre du Plateau innove

Par le Centre du Plateau

Les enfants à défi préoccupent depuis longtemps le Centre du Plateau (CDP). Voilà pourquoi il met tout en œuvre pour faire en sorte que leur handicap physique ou intellectuel, ou encore leur situation financière précaire, ne les empêchent de participer à ses activités, notamment au camp de jour estival.

Les enfants aux prises avec un handicap physique et/ou intellectuel nécessitent l’aide d’un accompagnateur en loisir, et ce, de manière permanente. Malheureusement, ce type de service engendre des coûts supplémentaires pour les familles. Pour alléger le fardeau financier des parents, le Centre du Plateau a donc développé un partenariat avec AlterGo, une association dont la mission est de soutenir l’inclusion sociale des personnes ayant des limitations fonctionnelles, entre autres par le biais d’une assistance financière.

C’est ainsi qu'il a été possible de mettre en place le programme Enfants à défi. Ce dernier consiste principalement à répondre aux besoins particuliers des jeunes ayant un handicap pour qu’ils puissent être pleinement intégrés dans le cadre des activités du camp de jour… à un prix raisonnable pour les familles. Le Centre du Plateau accueille en moyenne 15 enfants à défi par semaine. Un accompagnateur en loisir demeure auprès d’un enfant, tous les jours, pour tout l’été. L’enfant développe ainsi une complicité avec son accompagnateur ce qui favorise sa progression et son développement.

Les mêmes enfants reviennent chaque été au camp de jour puisqu’ils ont développé au fil du temps un sentiment d’appartenance. Le CDP est devenu un point de repère. Ce lieu est devenu le leur. Ils y trouvent en environnement qui favorise leur stabilité et la découverte de nouvelles activités. Certains d’entre eux, après quelques années, n’ont plus besoin de l’aide d’un accompagnateur puisqu’ils ont progressé et se sentent en sécurité. Néanmoins, un problème demeure…

Que faire lorsqu’ils atteignent la majorité?

Lorsque ces jeunes arrivent à l’âge de 18 ans, ils ne sont plus admissibles à de nombreux services tels que l’école publique ou tout simplement le camp de jour. Ils deviennent, pour la plupart, prestataires de la Sécurité du revenu. Cependant, plusieurs enfants à défi ont fréquenté le Centre du Plateau durant de nombreuses années, ils ont hâte de revenir et de poursuivre leur aventure. Comment est-ce possible de leur refuser, soudainement, cet accès qu’ils avaient depuis toujours?!

Il a donc fallu innover et trouver une bonne idée pour faire en sorte qu’ils aient non seulement accès au camp de jour, mais qu’ils puissent aussi acquérir une expérience de travail. Car il y a fort à parier qu’en raison de leur condition particulière il ne sera pas aisé pour eux de se trouver un emploi.

C’est pourquoi le Centre a créé un plateau de travail bénévole pour ces jeunes ayant atteint la majorité. Chaque matin, dans le cadre du programme Alimenter le futur, les membres de l’équipe du CDP préparent, pour le midi, une centaine de boîtes à lunch santé qui sont distribuées aux enfants provenant de familles défavorisées. Les jeunes qui sont majeurs font désormais partie de cette équipe et participent bénévolement à la confection de ces repas. Ils font des sandwichs, coupent des légumes, mettent la dernière touche aux boîtes à lunch. Ils apprennent ainsi à travailler en équipe, à se responsabiliser, et développent leur estime d’eux-mêmes en accomplissant avec succès ces petits défis.

Poussant sa réflexion (et son audace) plus loin, la direction du Centre du Plateau les a également nommés aides-animateurs. De cette manière, en étant jumelés à un groupe, ils ont la possibilité de passer la journée au camp de jour et de prendre part aux activités. La contribution de chacun varie en fonction de leurs aptitudes particulières. L’un excelle à faire respecter le rang deux par deux alors que l’autre ramasse les déchets après le diner de façon impeccable ou assure la sécurité de manière exemplaire lorsque le groupe traverse la rue.

Il est impossible de mesurer tous les impacts positifs que l’accomplissement de ces tâches a sur ces jeunes. Chaque jour, ils arrivent au CDP heureux de se joindre à leur équipe pour préparer les boites à lunch tout en sachant qu’ils ont une belle journée devant eux. Ils acquièrent une belle expérience de travail dans un environnement où ils se sentent chez eux et où ils souhaitent revenir tous les jours.

Le Centre du Plateau est très fier de cette initiative qui favorise l’inclusion et le dépassement de soi. Toutefois, son plus grand bonheur est de permettre aux jeunes ayant une réalité différente de la nôtre de continuer à grandir, de progresser et de se développer avec lui! Leur défi est désormais celui du Centre!


Courent et sautent les Pandas

Par le Patro Le Prevost

Dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, à Montréal, des Pandas de 6 à 12 ans lancent le disque et le javelot, font du saut en longueur, de la course de haies et du sprint. Surprenant, pensez-vous? Eh bien, non, c’est tout à fait normal. C’est qu’ils font partie d’un club d’athlétisme. Pour bouger, pour s’amuser, pour avoir du plaisir, tout simplement. Tout cela grâce à la collaboration de quatre centres communautaires de loisir, du club d’athlétisme élite de Montréal Les Vainqueurs et à l’implication de quatre écoles primaires. Un projet rassembleur… et motivant pour les jeunes.

« Nous pensons que l’athlétisme peut être pratiqué dans une atmosphère de jeu », explique Alexandre Verville, responsable sportif et aquatique au Patro Le Prevost. « Nous avons donc opté pour une approche ludique plutôt que technique, même si c’est le club Les Vainqueurs qui nous a fourni l’encadrement de départ et que nous pouvons bénéficier de son expertise par le biais des jeunes athlètes qui viennent entraîner nos Pandas. » Qu’on se le tienne pour dit, il s’agit d’un club récréatif où l’on respecte le rythme et le niveau de chacun. Il est donc ouvert à tous. Et accessible, puisque des subventions obtenues de différents organismes permettent d’offrir l’activité à faible coût aux personnes qui s’y inscrivent dans le cadre de la programmation régulière, et même de l’offrir gratuitement comme activité parascolaire après l’école.

L’objectif est d’abord de permettre aux participants de jouer, de toucher à différentes disciplines et de faire en sorte qu’ils adoptent un mode de vie physiquement actif à long terme. Une subvention de la Fondation des Canadiens pour l’enfance a d’ailleurs permis d’acheter du matériel et de l’équipement diversifié de qualité qui donne envie d’essayer et d’expérimenter. Mais ce ne sont pas là les seules visées du projet. Dans un arrondissement marqué, en maints endroits, par la pauvreté, et les problèmes que celle-ci entraîne dans son sillage, il est important de faire la promotion, auprès des jeunes, de valeurs telles que le respect, l’entraide, le dépassement de soi et de leur offrir des modèles positifs et inspirants.

Les écoles qui collaborent et qui encouragent leurs élèves à faire partie du club Les Pandas constatent d’ailleurs qu’ils sont plus motivés à l’école et qu’ils s’impliquent davantage dans d’autres activités. « La détermination, la motivation des jeunes à l’égard de l’activité qu’ils pratiquent et le sentiment de réussite qu’ils en retirent ont inévitablement un impact sur leur motivation en général, et plus particulièrement sur leur motivation scolaire. Le club d’athlétisme constitue donc, quant à nous, une excellente façon de favoriser la persévérance scolaire et la réussite éducative », raconte monsieur Verville.

Mis sur pied à la fin de l’année 2012, Les Pandas connaissent une popularité certaine puisque le club compte déjà dans ses rangs 140 jeunes, aussi bien des filles que des garçons. Pour l’année 2014-2015, l’objectif est d’atteindre 180 membres. On veut notamment accroître la présence du club dans les écoles du quartier en organisant des fêtes sportives, des compétitions interécoles, des événements de fin de saison, etc. On souhaite également faire connaître l’athlétisme aux jeunes qui fréquenteront les camps de jour au cours de l’été.

Une quarantaine de Pandas ont participé au Festival sportif de Montréal et entre 20 et 30 d’entre eux se sont rendus aux Jeux de Montréal cette année. Deux participants ont même remporté une médaille. Dans les prochains mois, ils participeront à La petite course de Villeray, dans le cadre de la Journée portes ouvertes de l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, et à certains événements du projet Parkour. Qui sait, ils pourraient donner à d’autres l’idée de faire des Pandas d’eux-mêmes?


Fier de son passé, fort de son avenir…

Par le Centre des loisirs Saint-Sacrement

Voilà le slogan choisi par le Centre des loisirs Saint-Sacrement de Québec pour souligner son 50e anniversaire. Un slogan qui en dit long sur ses intentions : souligner son rôle structurant dans la vie de sa communauté au fil du temps et exprimer clairement qu’il est là pour y rester et prêt à relever les défis que l’avenir lui réserve.

Les fêtes, lancées en avril dernier, se termineront en avril 2015. Un an pour marquer le coup avec, en guise de point culminant, les grandes festivités du 50e qui avaient lieu les 8, 9 et 10 août. Une longue fin de semaine de célébration au cours de laquelle petits et grands ont pu se rassembler, s’amuser, se livrer à diverses activités, assister à des spectacles. Compétitions de skate, démonstration de snow skate (sur de la vraie neige, en plein été!) et spectacle punk rock pour les plus jeunes le vendredi, zumba en plein air et grande fête familiale le samedi et, cerise sur le gâteau, lancement de la 3e édition des Rendez-vous d’août avec le spectacle de Renée Martel et de ses invités (Laurence Jalbert, Pierre Flynn et Mara Tremblay, etc.), en soirée. On a remis ça le dimanche, avec un tournoi de pétanque amical et une journée de spectacles qui a permis d’entendre tour à tour Marie-Denise Pelletier, un hommage à Joe Dassin et Bernard Adamus pour clore la fête. Là-dessus, les participants sont rentrés chez eux le cœur content…

Mais au-delà de la grande fête, incontournable et essentielle, cette année anniversaire fournit l’occasion de faire le bilan, de rendre hommage aux fondateurs et aux bâtisseurs du Centre, aux figures qui l’ont marqué. Une sorte de devoir de mémoire, de retour aux racines, pour se rappeler qui on est et les valeurs qui nous portent. « Nous soutenons les démarches effectuées par le conseil de quartier pour la réalisation d’une œuvre d’art commémorative en trois dimensions qui reflètera notre histoire », explique Martin Dumas, directeur général du Centre de loisirs Saint-Sacrement. « Les maquettes des trois artistes retenus seront présentées pendant deux semaines au cours de l’automne afin de permettre aux citoyens du quartier de voter pour celle qu’ils préfèrent. »

Des anciens, participants et membres du personnel, se sont aussi mobilisés autour d’un projet de livre. Ils ont fouillé, retrouvé les photos éparpillées ici et là, notamment chez les Pères du Très-Saint-Sacrement, fondateurs du Centre, et à la Ville de Québec. Un gros travail d’archivage pour reconstituer l’histoire et situer les événements sur la ligne du temps.

Le dévoilement de l’œuvre et le lancement du livre auront lieu en avril 2015 lors d’une soirée rassemblant les résidents du quartier, des gens d’affaires, des représentants des groupes communautaires et des institutions scolaires qui sont situées à proximité, ceux et celles qui ont contribué à faire du Centre de loisirs Saint-Sacrement un acteur de premier plan dans sa communauté. On les réunira pour les remercier, bien sûr, mais aussi pour leur permettre de se connaître et de développer éventuellement des projets communs qui serviront l’ensemble des citoyens et contribueront à la vitalité et au dynamisme du milieu.

Depuis la vente de l’ancien bâtiment, en 1999, le Centre travaille très fort à tisser des liens avec l’ensemble des acteurs du quartier. Ces efforts ont d’ailleurs porté leurs fruits puisqu’ils ont permis la mise en place, il y a deux ans, du Réseau Entraide Saint-Sacrement qui réunit et mobilise des organisations communautaires, des institutions scolaires et de santé, des résidences pour personnes âgées, des gens provenant du monde municipal et des gens d’affaires autour d’actions concrètes. Il souhaite donc poursuivre dans cette voie.

Ce 50e permet aussi au Centre de faire une réflexion générale sur ses orientations et ses actions futures, sur ce qu’il souhaite être pour sa communauté dans les prochaines années, sur ce qu’il entend faire pour répondre davantage aux besoins exprimés. « Notre quartier est marqué moins par la défavorisation économique que par la défavorisation sociale. La présence des personnes âgées est importante et ces personnes vivent beaucoup d’isolement. Il est certain que nous allons continuer à travailler sur cet aspect tout en consolidant nos autres secteurs », indique Martin Dumas, résolument tourné vers l’avenir.